Blood Orange vs En Rémont
Direction une petite table parisienne au doux nom de Verre Volé, rue lancry. Pas beaucoup de place entre ces murs étroits, mais une grande sélection de vin, logées derrière, dans l’arrière boutique. Pour moi, l’Italie ma belle racine revient au galop et je choisis les poulpes avec l’encre de seiche. Mon amie prend du tourteau donc on commence la soirée avec un blanc, Jura, vif et tendu.
Attention ce n’est pas de ce vin que je souhaite vous parler, mais plutot celui qui est venu ensuite et qui nous a rendu folle.
Il y a des vins qui vous prennent et vous retournent l’esprit. Aucune maîtrise n’est possible, l’euphorie, l’amour, l’amitié, tout est lié. Alors ce petit vin au goût d’herbes séchées et aux fruits croquants, un arrière goût de pruneau, une richesse olfactive… Ce vin qui vient du petit Beaujolais, une appellation au doux nom de Fleurie, En Rémont, parce que c’est là qu’il est fait, par une vigneronne qui a débuté dans la région nîmoise. Bon ok, c’est nature, ça passe hyper bien, tout le monde est content, et joyeux, et ravi. Vraiment, vraiment, vraiment.
En versus, on plonge vers l’Angleterre et ses paysages urbains, avec Blood Orange. J’ai commencé à lire plusieurs articles récemment écrits sur le sujet, et je dois vous avouer que quand vous ne connaissez pas Lightspeed Champion ou Test Icicles, vous ne comprenez pas trois mots au texte, vous ne comprenez pas d’où vient ce mec, qui il est, pourquoi et pour qui. Alors on va la faire simple. Blood Orange c’est un mec de 25 piges qui était dans plusieurs groupes et projets avant de se lancer dans son tout nouveau concept musical : Blood Orange, 2011. On aime les beats ronds, les mélodies incroyablement maîtrisées et sa voix sucrée, pop amenant des textes impeccablement bien écrits. Parfait en toutes circonstances.
En Rémont, Julie Balagny, AOC Fleurie : 17,00 euros
Blood Orange, Bad Girls - album Coastal Grooves
Kai Fish vs Domaine Francois Villard
Deux bombes ! Vin, musique, musique, vin… génération , transversalité, découverte et classique. Kai Fish, attention du rock, du vrai, celui qui est né dans les guitares de Lynyrd Skynyrd, ou plus loin avec Johnny Cash et tout, enfin bon vous voyez quoi !
Alors oui, Kai Fish c’est un mec qui vient de Londres et de Mystery Jets, un groupe indé britannique, formé en 2006. Kai Fish a décidé de faire son chouchou, son projet tout seul et de produire un album qui est une perle, rien d’autre : ‘Life In Monochrome’ released the 26th September 2011, comme on dit ! C’est rock à fond, c’est très Under the Brigde Downtown… (ndlr Red Hot Chili Pepper), ça coule de source, c’est vraiment dansant et poétique.
Bim ! On ouvre un Saint Joseph. Et oui, qu’est-ce que tu crois, nous aussi on peut se boire du bon (très) bon vin : Domaine François Villard vous coule sur la langue comme un délice venu des vignes du seigneur. La Cuvée Seul en Scène 2009, un jus plein de fraicheur et raisins croquants. Pourquoi ce nom ? Parce que François est aussi allié à deux autres vignerons avec qui il produit des vins, en trinôme, de parcelles réservée pour cette composition. Quand il s’est retrouvé à devoir faire sa propre cuvée, il fut “seul en scène”. Je suis particulièrement fan de ce nom, il me parle comme son vin. C’est nature, c’est propre, c’est juste, fin, délicieux. Mince ! J’en veux, j’en veux !
LS.
Les hommes à marier #1
Voglio sposare Don Pasta
Don Pasta est un italien qui allie musique et bouffe : il fait des Cooking dj set et manie avec amour la fourchette tout calant un vinyle de Sporto Kantes. Italien, passionné de cuisine et de culture, il a écrit deux bouquins “Food Sound System” et “Wine Sound System”. J’ai bien sûr lu ce dernier. Impression palpable d’être sur mon blog avec de magiques alliances mets et vin. Un aperçu de cet homme qui sait faire une salade…
Chew Lips vs Clos du Tue-Boeuf
C’est le soir de la raclette, et on est tous contents. Comme des enfants, on s’attaque aux cornichons et au fromage découpé alors que les patates ne sont pas encore cuites. Puis on ouvre la bouteille, fraîche de la cave Julhès (Paris X) et, bien sûr, on écoute.
Le P’tit Blanc du Tue-Boeuf, vin nature sivouplé, est une tuerie. Une robe trouble, couleur jaune pale, non filtré. Un mec dit que l’on dirait de la poire fraîche, j’approuve, j’ajoute la pêche blanche. Puis on va voir sur des forums pour comprendre la composition. J’avais raison sur un cépage -Sauvignon - mais alors le deuxième, inconnu au bataillon : le Menu Pineau. Surement un petit de la région. Oui on est en Loire, en Touraine. J’idolâtre cette région, particulièrement ses blancs quand ils s’y font bien. On est vraiment tous comblés par ce jus vif et à la fois tendre, explosif et chaleureux. On termine même la bouteille avant de commencer à manger… Mais je suis certaine que l’accord aurait été parfait.
Et puis, on découvre par la même occasion Chew Lips. Avant cela, mon colloc me fait écouter des chansons françaises qui ne me plaisent pas beaucoup, non je ne ferais pas un article sur cette meuf. Alors place aux anglais. Chew Lips est un trio, une blonde platine et deux mecs sympas, originaires de la banlieue Est de Londres. Le groupe existe depuis 2008, et pourtant cela n’est que maintenant que j’écoute. Faut dire que la fille a une voix vraiment incroyable. La pop est là, le rythme est bien, tout pour que cela marche. Les paroles fonctionnent, les coeurs aussi. Ils ont été released sur la compilation Kitsuné. Voici un aperçu de leurs singles “Solo” et “Karen”.
Le P’tit Blanc du Tue-Boeuf, 2009 : 11,00 euros
Chew Lips - Solo
Nicolas Jaar vs Chateau Cazeneuve
Cazeneuve blanc fut mis en carafe très tôt. Il nous dévoila avec suprise une robe jaune or, un soleil en bouteille. J’hésitai à goûter avant l’heure, mais finis par me rétracter. Alors je m’affalais dans le canapé : j’avais rien d’autre à faire à part fumer des cigarettes et attendre que vingt heures sonne. Un plateau de fruits de mer arrivait sous peu, mes parents aussi. Noël c’est bien, c’est spécial.
Cela faisait un certain temps que j’écoutai Nicolas Jaar, et je venais d’acheter mon billet pour le Trianon en janvier 2012. Alors je décidai ce soir là d’acheter ses EPs sur Itunes. Je ne compris pas grand ‘chose quant à la linéarité de ses sorties. Mais j’achetais tout de même. Mes parents possèdent les enceintes-platines-vinyles-amplis-de-tes-rêves, alors Nicolas Jaar sur cette machine, ça défonce. Chat sur les genoux, Champagne déjà ouvert, j’écoutais avec jouissance ce mec au regard fou. A peine 22 piges le marmot. On décrit ses productions de jazz-soul-tinged. C’est exactement ça. Laissez vous avoir, vous ne serez pas déçu.
Je sifflais le Champagne très vite pour enfin découvrir mi amor de Chateau Cazeneuve. In-croy-able. Tu penses que tu sais, mais en fait tu sais le quart de ce que tu penses. Roussanne (50%), Grenache B (20%), Viognier (15%) et puis en petite quantité des cépages languedociens comme on les aime, la rolle et le muscat. C’est floral au nez, beurré en bouche, boisé comme il le faut. On sent le vin qui mûrit depuis des mois en barrique. Et puis cela vous prend tous les sens, les narines pleines autant que le gosier, la bouche grasse et les reflets éblouissants.
On s’est retrouvé par mégarde avec neuf oursins. Ils n’étaient pas commandés, et personne n’aime ça, sauf moi. Et bien, il faut dire que c’est le fruit de mer qui s’accordait avec perfection au Cazeneuve blanc.
Magique ! Merci.
LS.
Cazeneuve blanc 2006 : 19,00 euros
Nicolas Jaar - I Got A Woman - en concert au Trianon (Paris) le 22 janvier 2011.
