Sydney Valette vs Chateau Laroche Beaulieu
” Alors, c’est quoi ta relation avec Sydney Valette ?
- Rien.
- Non mais quel vin tu proposes ?
- Ah oui. Un Bordeaux à 6 balles… ça me fait chier que ce soit un Bordeaux, mais c’est qu’il est hyper bon.
- Les deux sont cheap, c’est cool donc…”
OK, la situation était posée. Parce que oui, je ne suis pas une fanatique du bordelais et je me sentais confuse de le mettre en exergue avec mon Sydney Valette adoré.
Mais, mais, mais on me dit alors que Sydney vient de Bordeaux : mince alors, tout ceci est très bizarre, non ? … Alors maintenant que je ne me sens plus du tout génée de faire cette mise en relation, parlons artiste, parlons vin, parlons bien.
Sydney Valette est un mec qui dépeint la société française de façon crue mais avec fraîcheur : oui, c’est très agréable. Même si sa voix blasée pose un doigt sur ce que nous sommes, ce que nous subissons, ce que nous traversons, on reste dans des mélodies pleins de naïveté et de vivacité. Dans n’importe quel pays occidental, les jeunes connaissent le dimanche : ne pas sortir du lit, mourir de la veille et, surtout, perdre une journée. Très vite on passe du samedi soir au lundi matin métro-boulot-bobo. J’écoute “Dimanche” de Sydney Valette et je me dis : ce gars a raison.
Samedi dernier, j’ai fait la fête. Comme je la fais le jeudi, le vendredi aussi et parfois même le lundi et mercredi. Samedi, on a apéroté très tard, y’avait des mecs gentils, d’autres moins. On a bu beaucoup de vin, puis on est tous partis un peu pétés danser Chez Moune. Y’avait le live de Acid Square Dance (mais ça je vous en parlerais un autre jour), c’était bien.
Le vin qu’on a bu à un moment de l’apéro, c’était un Côte de Castillon, Chateau Laroche Beaulieu (attention!), cuvée Amavinum 2005 (re-attention!). Une bouteille étonnante, pleine de fruits et d’ampleur. Pourtant, le côté poivron comme tout le monde dit, c’est pas mon dada, mais là le velouté, les tanins ronds, la densité en bouche ne m’ont pas laissée indifférente. J’aurais pu en boire d’autres !
Sydney Valette - Dimanche (2011)
Chateau Laroche Beaulieu, Amavinum 2005, Rouge : 6,00 euros
Un peu de lyrics : “Aujourd’hui c’est Dimanche, ce soir, je n’sors pas, je reste tranquillement à la maison, et lis un livre. J’essaye de faire le vide dans mon esprit, et bois du thé minceur, en mangeant des légumes verts, biologiques. Il s’agit de cesser toute activité, et aborder ainsi le corps purifié de toutes les merdes qu’on a ingurgitées, le vendredi et le samedi soir. J’en ai marre de ce temps, divisé en moments d’activité et de repos, vacances, non-vacances, travail, non-travail, dimanche, non-dimanche. Dimanche devrait être le jour de tous les jours ; tous les jours ce devrait être Dimanche. Tous les jours Dimanche.”
Reportage : The Drums à la Machine
Jeudi 24 du novembre deux milles onze, la nuit s’avance, c’est le milieu de semaine, et à Pigalle c’est un soir comme les autres. La Machine du Moulin Rouge accueille ce soir The Drums, le groupe punk de la côte Est des États-Unis. The Drums c’est principalement Jonathan Pierce le blond à la bouche de feu et Jacob Graham, la gueule d’ange.
Ils sont arrivés sur scène avec une heure de retard, se mettant sûrement du sky dans les veines, l’oeil brillant et la gueule déchirée. Mais alors qu’est ce qu’ils ont assuré. Dans la salle, ça n’était pas un Paris habituel. La foule hurlait, sautait, les pogos fuyaient à tout va. Jonathan n’en croyait pas ses yeux, moi non plus.
Du retard soit, mais un concert de plus d’une heure et demi, entre les classiques “Best Friend” et “Go Surfing”, mais aussi des tracks du dernier album que les gonzesses chantaient par cœur (dont moi). Y’a une meuf qui s’est mise à pleurer pendant “Down By The Water”, y’a un gars qui est tombé dans les pommes pendant “Money”.
A un moment, un mec s’est allumé une clope, puis s’en est suivi d’un second jusqu’à ce que presque toute la salle ait une blonde au bec : plus aucune sécurité ne pouvait dire mot, on aurait tous été virés. Une salle, enfumée et suintante, hystérique et désordonnée. The Drums se défoulait en se désarticulant comme ils savent si bien le faire, danse des 60’s, le bassin qui boogie, pieds nouées, tête de petits cons révoltés. Ce que je peux les aimer.
LS.
Vidéos du concert, “Money” puis “Days”
Nicolas Jaar vs Chateau Cazeneuve
Cazeneuve blanc fut mis en carafe très tôt. Il nous dévoila avec suprise une robe jaune or, un soleil en bouteille. J’hésitai à goûter avant l’heure, mais finis par me rétracter. Alors je m’affalais dans le canapé : j’avais rien d’autre à faire à part fumer des cigarettes et attendre que vingt heures sonne. Un plateau de fruits de mer arrivait sous peu, mes parents aussi. Noël c’est bien, c’est spécial.
Cela faisait un certain temps que j’écoutai Nicolas Jaar, et je venais d’acheter mon billet pour le Trianon en janvier 2012. Alors je décidai ce soir là d’acheter ses EPs sur Itunes. Je ne compris pas grand ‘chose quant à la linéarité de ses sorties. Mais j’achetais tout de même. Mes parents possèdent les enceintes-platines-vinyles-amplis-de-tes-rêves, alors Nicolas Jaar sur cette machine, ça défonce. Chat sur les genoux, Champagne déjà ouvert, j’écoutais avec jouissance ce mec au regard fou. A peine 22 piges le marmot. On décrit ses productions de jazz-soul-tinged. C’est exactement ça. Laissez vous avoir, vous ne serez pas déçu.
Je sifflais le Champagne très vite pour enfin découvrir mi amor de Chateau Cazeneuve. In-croy-able. Tu penses que tu sais, mais en fait tu sais le quart de ce que tu penses. Roussanne (50%), Grenache B (20%), Viognier (15%) et puis en petite quantité des cépages languedociens comme on les aime, la rolle et le muscat. C’est floral au nez, beurré en bouche, boisé comme il le faut. On sent le vin qui mûrit depuis des mois en barrique. Et puis cela vous prend tous les sens, les narines pleines autant que le gosier, la bouche grasse et les reflets éblouissants.
On s’est retrouvé par mégarde avec neuf oursins. Ils n’étaient pas commandés, et personne n’aime ça, sauf moi. Et bien, il faut dire que c’est le fruit de mer qui s’accordait avec perfection au Cazeneuve blanc.
Magique ! Merci.
LS.
Cazeneuve blanc 2006 : 19,00 euros
Nicolas Jaar - I Got A Woman - en concert au Trianon (Paris) le 22 janvier 2011.
