Vendredi du Vin #36
Vendredis du Vin #36: les années 2000…? …et avant?
Premier VdV pour moi, et un sujet un peu trou’l’cul parce que quand on a 24 piges, des vins d’avant 2000, on n’en a pas beaucoup bu, voire pas du tout…
C’est ainsi que je me suis dis : mince, comment avais-je pu oublier ? Ai-je le droit de le publier ? Je tiens donc d’abord à m’excuser auprès de Monsieur Aimé Guibert (grand homme que je chéris tant) si je n’avais pas le droit d’en parler…
Parce que oui, ça fait des jaloux ce genre d’histoire… C’est un Daumas Gassac 1978 rouge que l’on a pu ouvrir, précieux bijou enfermé depuis la naissance du domaine : première cuvée pour ce prestigieux terroir, bouteille composée de plus de trente cépages. Oui, il nous a offert cette dégustation chez lui, et m’a embrassée sur la joue, me faisant promettre de revenir.
C’était tellement bon, tellement sur le fruit, avec une finesse et des arômes de groseilles, mûres et cerises presque croquantes… J’avais dû mal à croire que le liquide avait 33 ans.


FM Belfast vs Domaine Rimbert
FM Belfast est entré dans ma vie comme une évidence. Alors que je me tapais la tête, ils chantaient Underwear. Oui, c’est vraiment ce que je souhaitais : entendre leurs paroles. Pendant que je m’ouvre une bouteille, j’écoute cette chanson. Et plus je l’écoute, moins je me sens coupable… FM Belfast pour dire vite est un groupe originaire de Reykyavik (Islande), ils sont cinq et ils font un tabac de l’autre côté du Rhin.
J’ai trouvé des clips réalisés sur cette chanson par des jeunes qui en ont marre et veulent “running down the street in our underwear… Cause nothing, ever, happens here…” J’ai posté par ordre de qualité de réalisation. Petit clin d’oeil pour la troisième vidéo parce que, même si elle est un peu pourrie, j’aime bien ces allemandes de quatorze piges et leur démonstration d’une jeunesse qui s’ennuie.
En fouinant dans youtube pour FM Belfast, je découvrais Grenachator, cuvée en hommage au Grenache du Domaine Rimbert (Saint Chinian). Après les célèbres Carignator I, Carignator II et Carignator III, Jean-Marie Rimbert nous fait découvrir le grenache dans un vin à la robe sombre (si, si) et aux arômes de fruits confits et épices (oui, oui). Le grenache peut se révéler être un combattant !
Vidéo clip officiel de Underwear en cliquant ici
Rimbert, Grenachator : 10,00 euros
Chateau La Dournie
Hier soir, trois filles, trois bouteilles. Ligne droite de Bordeaux au Languedoc, deux Saint Chinian pour le coup. L’un d’eux c’est La Dournie, petit domaine situé à la sortie du village Saint Chinian. Un chateau acquis en 1870 et qui se gère de mère en fille depuis plus de 6 générations.
Véronique Etienne, la vigneronne du domaine, dernière génération, fait partie des Vinifilles. J’ai eu l’immense plaisir de la rencontrer, mais ne goutait pas ses vins.
Hier soir, je n’ai pas réfléchi. Nous avons commandé et nous avons bu sans broncher. Syrah en composition dominante, on retrouve le terroir Saint Chinian avec ses arômes et parfums tellement typiques, divulgués jusque dans la baie par les sols de schistes. Une bouche souple et épicée, finale sur la réglisse.
Chateau La Dournie : 9,25 euros
Collectif de vigneronnes dans le Languedoc Roussillon.
Elles sont 18, et elles en jettent. Je connais particulièrement Fabienne (Mas Thélème) Pascale (Jasse Castel) et Marie (La Réserve d’O). Toutes sont engagées, respectueuses et ultra motivées. Elles ont même défini le mot Vinifilles :
Vinifilles n.f. pl. créatures de sexe féminin engagées
dans la viticulture en Languedoc Roussillon fédérées en
2009, adeptes du plaisir et de la richesse de leur métier,
belles, rebelles, actives, gourmandes, sympas, sociables
et dynamiques !
Moscato d’ Asti vs Para One
Difficile de commenter un nouveau vin, alors que l’on vient de goûter une vraie perle. Trois bouteilles, dont une italienne, muscat d’une élégance et d’une fraîcheur, oui c’est bien un vin étranger. Ça soulage presque de ne pas rester cloitrer entre les frontières vineuses françaises. Moscato d’Asti, très léger, même au niveau de sa teneur en sucre, sur des notes de miel et, quand il se réchauffe, sur la fin, de fruits blancs confits. Une amusante sensation en bouche entre le pétillant et le perlant. Une vrai finesse et un équilibre qui est à noter, surtout pour un 2010. Alors que deux rouges attendaient d’être goûtés (pour info un Bourgogne : Maison Louis Chavy, pinot noir 2009 ; et un Languedoc : L’Ancienne Mercerie, cuvée Les petites mains 2008) on avait du mal à laisser la petite italienne. On en redemandait.
Y’a un mec qui a sorti : “Putain Para One c’est vraiment d’la balle, je réécoute son premier album et c’est vraiment kiffant”.
Je suis plutôt d’accord avec lui. Para One c’était Dudun-Dun de son premier album mythique Epiphanie, si t’as pas entendu Dudun-Dun c’est que t’es vraiment à côté de la plaque niveau électro française. En attendant son 3ème album Slide & Soda (faut pas oublier le deuxième, celui de la bande originale du film La Naissance des Pieuvres) qui devrait sortir courant 2011, on peut se (re)mater le clip de Dudun-Dun.
En discutant de Para One, on a tout de même sifflé le Bourgogne et le Languedoc.
Manfredi, Moscato d’Asti : 10, 00 euros.
Beak> vs Le Domaine des Bruniers
Dans le genre Quick Space revival, ou Team Ghost, ça déchire. Avec son côté rock ultra indé et complètement disjoncté, BEAK> (oui avec un “>”) fait très très fort ! Alors que je décompressais au son de ce Geoff Barrow (Portishead) en trio, le Domaine des Bruniers était une perle en bouche. Son Quincy, blanc vineux complètement disjoncté (aussi) m’a rendu folle. Pourquoi le sauvignon procure chez moi autant d’extase. C’est à en croire que le vin n’est pas qu’une passion mais un vrai amour. Alors je vous dis, en direct du Faubourg Saint Martin, allongée sur un canapé de faux velour vert, entre cette zic et ce wine ça promet !
“Le monde est né d’un rêve”
Domaine des Bruniers, Quincy : 8,30 euros
