

Direction une petite table parisienne au doux nom de Verre Volé, rue lancry. Pas beaucoup de place entre ces murs étroits, mais une grande sélection de vin, logées derrière, dans l’arrière boutique. Pour moi, l’Italie ma belle racine revient au galop et je choisis les poulpes avec l’encre de seiche. Mon amie prend du tourteau donc on commence la soirée avec un blanc, Jura, vif et tendu.
Attention ce n’est pas de ce vin que je souhaite vous parler, mais plutot celui qui est venu ensuite et qui nous a rendu folle.
Il y a des vins qui vous prennent et vous retournent l’esprit. Aucune maîtrise n’est possible, l’euphorie, l’amour, l’amitié, tout est lié. Alors ce petit vin au goût d’herbes séchées et aux fruits croquants, un arrière goût de pruneau, une richesse olfactive… Ce vin qui vient du petit Beaujolais, une appellation au doux nom de Fleurie, En Rémont, parce que c’est là qu’il est fait, par une vigneronne qui a débuté dans la région nîmoise. Bon ok, c’est nature, ça passe hyper bien, tout le monde est content, et joyeux, et ravi. Vraiment, vraiment, vraiment.
En versus, on plonge vers l’Angleterre et ses paysages urbains, avec Blood Orange. J’ai commencé à lire plusieurs articles récemment écrits sur le sujet, et je dois vous avouer que quand vous ne connaissez pas Lightspeed Champion ou Test Icicles, vous ne comprenez pas trois mots au texte, vous ne comprenez pas d’où vient ce mec, qui il est, pourquoi et pour qui. Alors on va la faire simple. Blood Orange c’est un mec de 25 piges qui était dans plusieurs groupes et projets avant de se lancer dans son tout nouveau concept musical : Blood Orange, 2011. On aime les beats ronds, les mélodies incroyablement maîtrisées et sa voix sucrée, pop amenant des textes impeccablement bien écrits. Parfait en toutes circonstances.
En Rémont, Julie Balagny, AOC Fleurie : 17,00 euros
Blood Orange, Bad Girls - album Coastal Grooves

Deux bombes ! Vin, musique, musique, vin… génération , transversalité, découverte et classique. Kai Fish, attention du rock, du vrai, celui qui est né dans les guitares de Lynyrd Skynyrd, ou plus loin avec Johnny Cash et tout, enfin bon vous voyez quoi !
Alors oui, Kai Fish c’est un mec qui vient de Londres et de Mystery Jets, un groupe indé britannique, formé en 2006. Kai Fish a décidé de faire son chouchou, son projet tout seul et de produire un album qui est une perle, rien d’autre : ‘Life In Monochrome’ released the 26th September 2011, comme on dit ! C’est rock à fond, c’est très Under the Brigde Downtown… (ndlr Red Hot Chili Pepper), ça coule de source, c’est vraiment dansant et poétique.
Bim ! On ouvre un Saint Joseph. Et oui, qu’est-ce que tu crois, nous aussi on peut se boire du bon (très) bon vin : Domaine François Villard vous coule sur la langue comme un délice venu des vignes du seigneur. La Cuvée Seul en Scène 2009, un jus plein de fraicheur et raisins croquants. Pourquoi ce nom ? Parce que François est aussi allié à deux autres vignerons avec qui il produit des vins, en trinôme, de parcelles réservée pour cette composition. Quand il s’est retrouvé à devoir faire sa propre cuvée, il fut “seul en scène”. Je suis particulièrement fan de ce nom, il me parle comme son vin. C’est nature, c’est propre, c’est juste, fin, délicieux. Mince ! J’en veux, j’en veux !
LS.


Voglio sposare Don Pasta
Don Pasta est un italien qui allie musique et bouffe : il fait des Cooking dj set et manie avec amour la fourchette tout calant un vinyle de Sporto Kantes. Italien, passionné de cuisine et de culture, il a écrit deux bouquins “Food Sound System” et “Wine Sound System”. J’ai bien sûr lu ce dernier. Impression palpable d’être sur mon blog avec de magiques alliances mets et vin. Un aperçu de cet homme qui sait faire une salade…

C’est le soir de la raclette, et on est tous contents. Comme des enfants, on s’attaque aux cornichons et au fromage découpé alors que les patates ne sont pas encore cuites. Puis on ouvre la bouteille, fraîche de la cave Julhès (Paris X) et, bien sûr, on écoute.
Le P’tit Blanc du Tue-Boeuf, vin nature sivouplé, est une tuerie. Une robe trouble, couleur jaune pale, non filtré. Un mec dit que l’on dirait de la poire fraîche, j’approuve, j’ajoute la pêche blanche. Puis on va voir sur des forums pour comprendre la composition. J’avais raison sur un cépage - Sauvignon - mais alors le deuxième, inconnu au bataillon : le Menu Pineau. Surement un petit de la région. Oui on est en Loire, en Touraine. J’idolâtre cette région, particulièrement ses blancs quand ils s’y font bien. On est vraiment tous comblés par ce jus vif et à la fois tendre, explosif et chaleureux. On termine même la bouteille avant de commencer à manger… Mais je suis certaine que l’accord aurait été parfait.
Et puis, on découvre par la même occasion Chew Lips. Avant cela, mon colloc me fait écouter des chansons françaises qui ne me plaisent pas beaucoup, non je ne ferais pas un article sur cette meuf. Alors place aux anglais. Chew Lips est un trio, une blonde platine et deux mecs sympas, originaires de la banlieue Est de Londres. Le groupe existe depuis 2008, et pourtant cela n’est que maintenant que j’écoute. Faut dire que la fille a une voix vraiment incroyable. La pop est là, le rythme est bien, tout pour que cela marche. Les paroles fonctionnent, les coeurs aussi. Ils ont été released sur la compilation Kitsuné. Voici un aperçu de leurs singles “Solo” et “Karen”.
Le P’tit Blanc du Tue-Boeuf, 2009 : 11,00 euros
Chew Lips - Solo

Cazeneuve blanc fut mis en carafe très tôt. Il nous dévoila avec suprise une robe jaune or, un soleil en bouteille. J’hésitai à goûter avant l’heure, mais finis par me rétracter. Alors je m’affalais dans le canapé : j’avais rien d’autre à faire à part fumer des cigarettes et attendre que vingt heures sonne. Un plateau de fruits de mer arrivait sous peu, mes parents aussi. Noël c’est bien, c’est spécial.
Cela faisait un certain temps que j’écoutai Nicolas Jaar, et je venais d’acheter mon billet pour le Trianon en janvier 2012. Alors je décidai ce soir là d’acheter ses EPs sur Itunes. Je ne compris pas grand ‘chose quant à la linéarité de ses sorties. Mais j’achetais tout de même. Mes parents possèdent les enceintes-platines-vinyles-amplis-de-tes-rêves, alors Nicolas Jaar sur cette machine, ça défonce. Chat sur les genoux, Champagne déjà ouvert, j’écoutais avec jouissance ce mec au regard fou. A peine 22 piges le marmot. On décrit ses productions de jazz-soul-tinged. C’est exactement ça. Laissez vous avoir, vous ne serez pas déçu.
Je sifflais le Champagne très vite pour enfin découvrir mi amor de Chateau Cazeneuve. In-croy-able. Tu penses que tu sais, mais en fait tu sais le quart de ce que tu penses. Roussanne (50%), Grenache B (20%), Viognier (15%) et puis en petite quantité des cépages languedociens comme on les aime, la rolle et le muscat. C’est floral au nez, beurré en bouche, boisé comme il le faut. On sent le vin qui mûrit depuis des mois en barrique. Et puis cela vous prend tous les sens, les narines pleines autant que le gosier, la bouche grasse et les reflets éblouissants.
On s’est retrouvé par mégarde avec neuf oursins. Ils n’étaient pas commandés, et personne n’aime ça, sauf moi. Et bien, il faut dire que c’est le fruit de mer qui s’accordait avec perfection au Cazeneuve blanc.
Magique ! Merci.
LS.
Cazeneuve blanc 2006 : 19,00 euros
Nicolas Jaar - I Got A Woman - en concert au Trianon (Paris) le 22 janvier 2011.
M83 - Midnight City
THE DRUMS - Money
METRONOMY - The Look
FM BELFAST - I Don’t Want To Go To Sleep Either
AQUARIUS HEAVEN - You Can’t Buy Love
CULTS - You Know What I Mean
THE SHOES - Wastin’ Time
DUCK SAUCE - Big Bad Wolf
Coline Eberhard, grande amie depuis désormais quinze saisons, s’en est allée en Allemagne, le temps d’une année de recherches et d’aventures. Pour notre plus grand plaisir, elle nous envoie ses correspondances, écritures dociles, vision d’une française dans un petit bourg du sud germanique.

Tokay
Je me suis levée l’esprit blanc et le cœur chaud. Il neige doucement, une douceur que j’approuve de tout l’apaisement d’une nuit de sommeil conseillée par un bon vin, d’une nuit guidée par une soirée de discussion, des larmes au rire. Pourquoi on ne veut presque pas rentrer chez nous pour les vacances, pourquoi devra-t-on encore revenir et repartir? Pourquoi cette région est aussi confuse, pourquoi tant d’émotion à la saison du solstice d’hiver.
Et toutes ces questions s’effacent, elles s’effacent avec le vin hongrois et la musique française, et on se raconte ce qu’on se rapportera, Mariann de Hongrie et moi de France. La bouteille est finie et sur la carte devant nous, Nürnberg est à équidistance de Budapest et de Paris. Chez nous, 750 km de chez nous.
Le Tokay a une couleur splendide d’or et d’ambre, sur ma table parmi les bougies il brille comme un bijou; il est déguisé en vin cuit – sauf qu’il ne l’est pas : il s’élabore à partir d’une pourriture noble. L’ambre de la robe se retrouve en bouche, il s’impose avec une poigne fière, liquoreux comme un muscat mais bien plus exubérant, il délivre pêche et franche vigueur.
A vrai dire d’autre semblent en avoir parlé mieux que moi : « Voici le roi des vins et le vin des rois », déclara Louis XIV à propos d’une cuvée qui lui avait été offerte par le prince de Transylvanie, l’impératrice Catherine la Grande « ne pouvait vivre sans » et la liste des poètes qui l’ont chanté, de Voltaire à Goethe, est tout aussi intéressante que l’histoire politique même de ce vin, de l’implantation antique du cépage à une des premières « AOC » avant même le vin de Bordeaux, du vin de cour à la collectivisation sous l’URSS, des petits producteurs aux rachats par les grandes compagnies internationales. Et de ma hâte d’en déguster encore avec le respect qu’il impose.
Coline Eberhard.

La vie ne tient parfois qu’à un instant. J’étais dans ma chambre, le cœur chiant et la tête pleine. Et soudain, de l’autre côté de l’appart, un morceau entre afrique et soul, mélangeant rythmes aphrodisiaques et beats deep. Je me lève alors au gré du son, et me laisse entraîner jusqu’à Motor City Drum Ensemble. Là ce que j’écoute, que je danse avec joie, c’est un mixe complètement barré, où l’on passe d’une minimale insaisissable à du jazz contemporain, puis à nouveau de la soul avec des voix emflammées. Mince, ce mixe est vraiment bien fait, sans aucun défaut, il nous amène d’un pays à l’autre avant même que l’on puisse réaliser le premier.
Ce soir, on a remis le prodige, mais ses morceaux à lui. Motor City Drum Ensemble c’est juste un mec, de 27 piges, allemand, cheveux longs et gueule d’ange. Il travaille fort, ça se sent. Rien n’est laissé au hasard et rien n’est produit de façon aléatoire. Tout est conçu pour ça lui plaise, et si certain n’aime pas, tant pis pour eux.
Moi j’adore parce qu’il nous rend très joyeux très vite.
Un autre qui rend joyeux, c’est ce Saumur que l’on déguste en écoutant Motor City blabla. Un blanc très poignant comme le jeune. Un blanc d’ailleurs jeune (2010) mais qui nous surprend avec son corps complexe, ses jambes huileuses et son sourire fleuri. Pierre 1er c’est une coopérative de plus de cinquante ans et elle regroupe sept vignerons de la Loire. Le vin de Chenin, d’une robe aux reflets jaune léger, s’exprime sur de subtils parfums d’acacia. Il reste très ample, onctueux et long. Vraiment intéressant pour son rapport qualité prix (vous en blufferez plus d’un).
Motor City Drum Ensemble - 2009
Pierre 1er, Saumur blanc 2010 : 5,00 euros

Le clip commence sur une série de nounours en peluche. Faut dire que je ne suis pas vraiment en adoration devant un nounours en peluche, surtout quand elle a 25 ans et en possède toute une tribu sur le lit : ça me file la frousse les filles de ce type…
Le clip commence donc, et je flippe un peu. Le piano, la pellicule noir et blanc, c’est un peu ringard… soit. Puis Maïa se met à chanter. On découvre alors des paroles touchantes, d’une voix peu fluette, un grave qui pourrait même être plus accentué. Cela parle des mots, ceux qui nous font flipper, ceux que l’on n’ose dire, ceux qui nous suivent depuis des lustres. A is an Abortion, Animal Guilty, B is for the Bees, C is gonna Change and D is for Doomday... L’accordéon apporte son harmonie et sur ces paroles candides, elle susucre ses mots interdits. Elle espère trouver une liberté en délivrant les lettres. J’approuve cette jeune fille au visage angélique et à la voix printanière. Prenez quelques minutes pour écouter son langage.. Maïa Vidal je la connaissais sous le nom de Your Kid Sister, avec son titre Poison et son bonnet-lapin (ici). Elle possède un monde enchanté mis en mélodie avec l’accordéon, toujours. Elle remet à jour un instrument souvent méprisé, souvent mis à bas sans juste valeur. L’accordéon c’est la France des années folles, celle de 40 avec Edith Piaf et bien d’autres.
En parallèle, un vin du Roussillon avec le Mas Becha. Comme promis, nous sommes la mi décembre, et j’ai dégusté toute sa collection. Six bouteilles aux jolis étiquettes représentant chaque membre de la famille Becha, sans oublier le chat. Une belle diagonale qui me rendit toute chose quand je reçus le paquet. J’ai pris le temps de les admirer plus que de les ouvrir. Les cuvées sont aussi en harmonie, une patte bien marquée par la maison. J’ai choisi la cuvée supérieure, Excellence Rouge : de l’élevage, un vin concentré sur des fruits cuits, la vanille et la brioche ensuite. Un tanin qui s’impose. Le vin roule comme des billes sur la langue. Bien alcoolisé (15%), épicé et plein de corps, il faut donc absolument l’accompagner d’une viande rouge ou d’un plat en sauce.
LS.
Maïa Vidal : Alphabet of my phobias - décembre 2011
Mas Becha - Excellence rouge 2008
Coline Eberhard, grande amie depuis désormais quinze saisons, s’en est allée en Allemagne, le temps d’une année de recherches et d’aventures. Pour notre plus grand plaisir, elle nous envoie ses correspondances, écritures dociles, vision d’une française dans un petit bourg du sud germanique.

Glühwein
Quatre vendredis avant Noël, la place du vieux marché de Nürnberg déborde de monde, familles, vieux et les premiers des 2 millions de touristes attendus. Il fait nuit noire, à 17h30 l’enfant Jésus déclarera ouvert LE marché de Noël. L’enfant Jésus est une charmante adolescente coiffée d’une perruque blonde, bouclée, perchée sur le balcon d’une cathédrale gothique multicolore. C’est la période de l’Avent, l’Allemagne est plus kitsch que jamais. En cette période de l’Avent, il est temps d’oublier la bière pour le vin chaud. Glühwein. Tradition oblige, plus question de boire autre chose et chaque jour de l’Avent on doit en tester un nouveau. Fini les petites fenêtres avec des chocolats.
Le vin chaud est redoutable pour réchauffer le bout de ses pieds et le vin chaud à partir de vin blanc est délicieux. Merveilleux breuvage. La reine des Glaces elle-même n’y serait pas indifférente. De plus la version vin blanc donne bien moins mal à la tête. C’est samedi, on m’emmène en ville. Derrière une rue : le hipster marché de Noël. Wow… Vraiment. Le vin chaud y est décliné. En fait il n’y en a pas. Il y a de la caipirinha chaude. Oué… C’était une bonne soirée. Entre quelques bars et trois tours à vélo, un concert, 2 mecs de Berlin, DJ et MC, qui ne seront pas déçus de l’accueil franconien qui leur est réservé au Club Stereo. Comme ils le chantent : Ihr seid nicht Berlin ; nan en effet mais osef on est à Nürnberg alors tout roule. Et moi je suis de Fürth, j’avais encore à rouler mes huit bornes sur mon beau vélo, même pas froid.
Dimanche de l’avent, celui où l’on allume la première bougie. Je passe le dimanche dans la forêt pour voir les sangliers. Puis il est temps de tester de nouveaux vins chauds. Version fruitée ? Celui aux groseilles passe pas trop mal, celui qu’on a fait nous même beaucoup moins : trop de citron, pas assez du reste : sucre, orange, cannelle, anis étoilé et autres racines, tout ce qu’on a sous la main. On rajoute du miel et du rhum, l’ingrédient secret. Il fait chaud. Le glühwein prend tout son sens de boisson de Noël, autour de laquelle on se retrouve le soir ensemble, à regarder la brume envahir la nuit en attendant Noël quand on rentrera à la maison.
Coline Eberhard.

Jeudi 24 du novembre deux milles onze, la nuit s’avance, c’est le milieu de semaine, et à Pigalle c’est un soir comme les autres. La Machine du Moulin Rouge accueille ce soir The Drums, le groupe punk de la côte Est des États-Unis. The Drums c’est principalement Jonathan Pierce le blond à la bouche de feu et Jacob Graham, la gueule d’ange.
Ils sont arrivés sur scène avec une heure de retard, se mettant sûrement du sky dans les veines, l’oeil brillant et la gueule déchirée. Mais alors qu’est ce qu’ils ont assuré. Dans la salle, ça n’était pas un Paris habituel. La foule hurlait, sautait, les pogos fuyaient à tout va. Jonathan n’en croyait pas ses yeux, moi non plus.
Du retard soit, mais un concert de plus d’une heure et demi, entre les classiques “Best Friend” et “Go Surfing”, mais aussi des tracks du dernier album que les gonzesses chantaient par cœur (dont moi). Y’a une meuf qui s’est mise à pleurer pendant “Down By The Water”, y’a un gars qui est tombé dans les pommes pendant “Money”.
A un moment, un mec s’est allumé une clope, puis s’en est suivi d’un second jusqu’à ce que presque toute la salle ait une blonde au bec : plus aucune sécurité ne pouvait dire mot, on aurait tous été virés. Une salle, enfumée et suintante, hystérique et désordonnée. The Drums se défoulait en se désarticulant comme ils savent si bien le faire, danse des 60’s, le bassin qui boogie, pieds nouées, tête de petits cons révoltés. Ce que je peux les aimer.
LS.
Vidéos du concert, “Money” puis “Days”

Mercredi dernier, nous, les crémeux du pinard, étions conviés à une dégustation privée par le Vinconnu. On s’est tous pointé avec notre badge et nos chaussettes noires, ne sachant pas sur quel pied danser. C’était sympa : y’avait une dizaine de vignerons et commerciaux, une cinquantaine de cuvées, et pleins de trucs à grignoter. Je me suis focalisée sur les régions Bourgogne et Languedoc Roussillon. C’est le sud qui l’a remporté. Le mec qui faisait déguster, une vingtaine d’années en poche, des yeux clairs et une passion prononcée pour le groupement de producteurs qu’il représente : la cave coopérative de Val d’Orbieu. Je lui ai posé tout plein de questions, auxquelles il a répondu avec engouement. J’ai tout particulièrement eu un coup de coeur pour une petite cuvée de blanc au nom élitiste de Cuvée Mythique. Pourquoi mythique ?
Pour cette jolie bouteille ornée d’un hibou, la cave pousse les vignerons à tirer le meilleur de leurs vignes de Carignan blanc, de Marsanne, Roussanne, Chardonnay… puis s’en suit une dégustation à l’aveugle de chaque vin de cépage. Les dix meilleurs sont sélectionnés et par la suite assemblés pour donner chaque année cette bouteille précieuse. On est près de Narbonne, au pied de la Méditerranée, entre le Fitou et les Corbières, sur des sols acides qui apportent au vin une fraîcheur absolue et une vivacité folle. Moi j’adore !
Parce que la fraîcheur se retrouve aussi dans la musique, récemment j’ai découvert Citizens! (oui avec un point d’exclamation) et surtout leur premier EP “True Romance”. Récemment signé sous le label Kitsuné, les cinq londoniens nous redonnent l’envie de courir Londres et ses sub-clubs electros. Le clavier nous rappelle les années de la Boum, puis les voix nous transportent dans leur true romance magique, on s’entête avec les bips et les guitares aigües. Ça file la pêche, pour le matin c’est vraiment bon ! On attend - vraiment - leur album prévu pour 2012 «(I’m In Love With your) Girlfriend» et en attendant on va leur faire un coucou à leur concert pour la soirée Kitsuné Maison En Vrai #10 (ticket ici).
LS.
Citizens! “True Romance” 2011 - en concert à la Maroquinerie le 1er décembre 2011
Cuvée Mytique, Blanc : 7,60 euros

Dimanche 20 du novembre deux milles onze, la nuit s’avance, les parisiens dînent en famille parce que demain c’est lundi. Mais au bord du canal saint Martin, ça fourmille : les jeunes sont venus en force pour assister au concert de FM Belfast. Il fait froid, mais on s’en fout les choux parce que notre cœur bat déjà, chaud bouillant pour ces islandais. Je m’approche, fume une clope, mon ticket en main. C’est complet depuis trois semaines. La foule est déjà en queue, on attend d’entrer. On tamponne mon poignée mais je décide de fumer une deuxième clope, la lune est claire. Un mec me demande si moi aussi j’ai pas de ticket et suis blasée. Je lui réponds que non, moi j’ai acheté ma place y’a un mois, je lui montre mon tampon. Il devient encore plus blasé. On papote des gens qui ont des guest-lists, des sacs vintages et de la poudre plein les poches. On rigole un peu : il fait des blagues vraiment sympas. Je lui dis, tiens on va te faire une marque noire sur ton poignée, ils n’y verront que du feu. Ça le fait flipper mais il accepte. Et puis on rentre en montrant nos faux-vrais tampons et en effet les mecs captent que dalle. On est content d’être tous les deux à l’intérieur.
Tout devant, bière à la main, FM Belfast se fait attendre. Mais ça vaut la flamme. FM Belfast sur scène c’est un grand n’importe quoi maîtrisé, une cour de récrée. Ils sont cinq barges transcendés de chants et sonorités électroniques : ça saute dans tous les sens, ça danse et ça vous fait des fucks à tout va. Jamais je ne me suis laissée transporter à ce point par une scène. FM Belfast m’ont amenée loin, très loin dans leur monde survolté. On était une foule hystérique et joyeuse, chaleureuse et électrique. Quand ce fut le moment de leur (mon) hymne “Underwear”, j’ai cru que nous allions tous faire une syncope. Les voix sont belles, le show est fabuleux, les frissons sont réels.
J’ai mis des heures à m’endormir ce soir là, encore sur-excitée de cette dose d’énergie, de fureur de vivre qu’ils m’ont envoyée.
Un aperçu ici. Si vous avez la chance de les avoir en concert dans votre ville, je vous conseille d’y aller. Tout est à voir et rencontrer.
LS.

Hier, nous étions beaux, les enfants.
Des verres du Château des Tours servit chez Jeannette, un bar du Xeme qui existe, subsiste, résiste depuis des décennies au coin des rues d’Enghien et du Faubourg Saint Denis. Jeannette et ses plafonds sortant tout droit d’un film de Kubrick, renaissance, siècle d’antan.
Château des Tours est un Brouilly, oui c’est le Beaujolais, mais nous savons tous qu’il ne faut pas décrier cette région qui possède de vrais bijoux (Morgon, Saint-Amour…) et qui peut parfois vous donner les forces secrètes que seul le vin possède. Le vin n’est pas que breuvage, alcool, croquant, acide, pomme, cerise… Non le vin peut se révéler être magique. Le vin dévoile chez chacun de nous des étincelles de passion, d’amitié, d’amour… On n’y voit que du feu, mais le rouge réchauffe les coeurs perdus.
Jambes nues, je découvre Lescop. Mince, que c’est bon ! J’ai encore envie d’écouter, en boucle, les rythmes, les rimes, les riches mélodies. Lui c’est un français, qui écrit depuis des années des chansons in french, soucieux de la pauvreté sonore de nos radios, de la pauvreté lettrée des toutes les compos contemporaines (entre Yeliz et Julien Doré il y a de quoi pleurer…). Bref, on sait que le chemin est libre, que si on sait bien écrire, bien jouer et qu’on est pas trop idiot, on peut vraiment faire plaisir à beaucoup beaucoup de personnes comme moi.
Oui, la chanson française c’est comme ce Brouilly, il faut que ce soit jeune, rond, croquant. Le gamay s’égaille sur nos papilles, égaie notre corps, nous rend tout enfant, joie de vivre aux rythmes et sonorités de Lescop.
LS.
Lescop - La Forêt (octobre 2011) au Pop In Bar, le lundi 14 novembre, 20H.
Chateau des Tours, Brouilly rouge : 9,00 euros