La France produit et consomme plus de rosé que tout autre pays au monde, et la Provence en est le symbole le plus reconnaissable. Le rosé de Provence (Grenache, Cinsault, Mourvèdre) se distingue par sa couleur très pâle, presque pelure d'oignon, ses arômes de pêche blanche, de pamplemousse et de fleurs. Cette pâleur n'est pas un hasard : elle résulte d'un pressurage direct très doux, sans macération longue, qui extrait peu de pigments de la peau des raisins.
Les méthodes de vinification du rosé
Trois méthodes produisent des rosés de caractères très différents. Le pressurage direct (comme en Provence) donne les rosés les plus pâles et les plus frais. La saignée consiste à prélever une partie du jus d'une cuve de rouge en cours de macération : le rosé obtenu est plus coloré, plus riche et plus structuré. C'est ainsi que sont élaborés les rosés de Tavel dans le Rhône, les plus concentrés de France. L'assemblage rouge-blanc, autorisé uniquement en Champagne pour le rosé, est interdit pour les autres AOC rosées françaises.
Le Tavel, appellation 100 % rosé dans le Gard, mérite une mention particulière. À base de Grenache et Cinsault, élevé sur lies, il présente une couleur grenat soutenu et une bouche ample, vineuse, qui supporte la garde sur deux à trois ans. Il accompagne des plats que les rosés pâles ne pourraient pas soutenir : tagine d'agneau, poulet aux épices, charcuteries ibériques.
Choisir son rosé selon l'occasion
Pour un apéritif en terrasse, un rosé de Provence pâle et vif s'impose naturellement. Avec les grillades estivales, optez pour un rosé de Corse, de Bandol ou un Côtes de Provence Sainte-Victoire. L'Anjou rosé, légèrement plus doux et fruité (entre sec et demi-sec selon les producteurs), plaît aux palais moins habitués aux vins secs et s'accorde avec des desserts aux fruits rouges. Les rosés du Languedoc et du Roussillon, souvent peu chers et fruités, constituent d'excellents vins du quotidien.
Pour ne pas acheter un mauvais rosé en grande distribution, regardez l'étiquette : la mention de la méthode de vinification, la dénomination géographique et le millésime. Un rosé de Provence non millésimé ou trop bon marché a souvent été assemblé à partir de raisins de différentes origines. Les rosés primeurs, à boire dans l'année, sont parfaits pour l'été ; les rosés de garde (Tavel, Bandol) méritent une ou deux années en cave.








